Kessel

Pourquoi les Japonais voient Bruno Mars comme un dieu

J'ai écrit dieu, mais plutôt comme le « kawaii king » pour être précise. Si quelqu'un mérite une analyse dans cette newsletter, c'est bien lui !

Évidemment, mon titre tape un peu fort volontairement. J’ai écrit cela comme si personne ne calculait Bruno Mars en France alors que cette semaine il fera pas un ni deux mais trois Stade de France. Fort de bangers à ne plus savoir quoi en faire, l'artiste est également en haut de l'actu française et parisienne avec un pop up en collaboration avec… Hello Kitty. Si beaucoup se sont questionnés sur la qualité du merch (discutable), le prix (élevé, 50 euros le t-shirt, mais le prix du merch actuel finalement), ou encore la variété des designs (tous aussi adorables les uns que les autres), beaucoup m'ont posé une interrogation bien plus simple, voire naïve : mais pourquoi Bruno Mars fait une collaboration avec Hello Kitty d'abord ? Cela me semblait évident, ça ne l'est apparemment pas (merci à ma poupette Clara, fidèle lectrice, pour l'inspiration), c'est pourquoi je vous explique le lien très spécial entre le chanteur romantique et le pays de la plus mignonne des petites chattes – si vous avez un peu trop souri ou répondu « titre » vous avez clairement plus de trente ans et êtes un peu gênant, sachez-le.

Plus star que vos stars

D'aucuns diront peut-être « oui enfin Bruno Mars n'est pas plus connu qu'une autre grosse star internationale au Japon ». Erreur. On l'a déjà évoqué, mais parce que cela semble évident, Bruno Mars a signé au gré de sa carrière de nombreux bops au succès totalement worldwide. « Just the Way You Are », « Marry You » (petite angoisse, mais ça n'engage que moi) ou encore « Uptown Funk ». Et plus récemment « Die with a Smile » en feat avec Lady Gaga, mais aussi, et surtout, le raz-de-marée qu'est « APT » avec Rosé. Le duo a atteint la première place du Japan Hot 100, ce qui est tout sauf anodin, tant cela est rare pour un titre occidental au Japon - on en compte moins de dix sur toute la dernière décennie, c'est dire.

Certains noteront d'ailleurs que Bruno Mars colle parfaitement avec ce public de manière plus globale grâce à son répertoire qui coche pas mal de cases de l'esthétique japonaise. Des chorégraphies léchées et très « télévision friendly », le mélange soul/funk/Motown, son évident côté showman… autant de qualités qu'attendent et adorent le public nippon, surtout en live, puisqu'ils sont habitués à certains standards avec les idols de J-pop. L'envie me prenait de vous name-dropper le groupe Arashi en exemple, car il s'agit là d'un des boys bands les plus connus au Japon. Surprise : je découvre au fil de mes recherches que la popstar a produit un single pour eux. Tout est logique, parfait, carré. Et autre fun fact : justement en concert au Tokyo Dome, le chanteur a repris « Heavy Rotation » d'AKB48 en chantant… en japonais ! Un clin d'œil doublé d'un joli coup marketing pour nous, mais une véritable marque de respect et de gratitude pour le public local.

Les fans sont ainsi souvent récompensés : la megastar a toujours été très présente dans les foyers japonais, mais surtout en live. Alors que beaucoup de chanteurs occidentaux ne passent pas ou si peu en Asie du Nord-Est, Bruno Mars a régulièrement fait des tournées au pays, marquant notamment l'histoire en 2024 avec sept dates au Tokyo Dome sold-out – le stade a une capacité de 55 000 personnes. D'après le média spécialisé IQ Magazine, il s'agit là de la plus grosse prouesse d'un artiste international au Japon au XXIe siècle. Si comparaison n'est pas raison, même de gros groupes de K-Pop ont besoin d'une dizaine de dates pour rassembler autant de spectateurs.

Gloire au “Kawaii King”

Comme si ça ne suffisait pas, Bruno Mars s'autoproclame volontiers « Kawaii King ». Et là, on reparle stratégie marketing. Il signe d'abord une collaboration virale avec la massive chaîne de magasins discount Don Quijote, alias le petit paradis des touristes et des hauls de souvenirs. Des objets dérivés reprenant la célèbre mascotte bleue grimée en Bruno Mars sortent, mais plus fort encore, un nouveau jingle composé par l'artiste lui-même se fait entendre dans les boutiques. C'est peut-être un détail banal pour vous si vous n'êtes jamais allé au Japon, mais pour toute personne qui a déjà sacrifié des heures de shopping dans cet autel du capitalisme, cela change tout. La musique au Donqui fait partie intégrante de l'expérience, et ne laisse que rarement place à des morceaux « inédits ». Que des milliers de touristes chaque jour entendent la prod tous azimuts de Bruno Mars prouve encore une fois son impact.

Cerise sur le gâteau kawaïné (décidément, cette newsletter n'aura jamais aussi bien porté son nom) : Sanrio, entreprise qui a créé Hello Kitty et tous les personnages du même univers, signe une collaboration historique avec celui qu'elle qualifie de « the most supercute superstar ». Fin 2024, débarque alors un drop de merchandising ainsi qu'un café à thème. Pop up qui arrive en France à l'écriture de ces lignes et qui explique le pourquoi et le comment de cet article, donc. Vous savez désormais à peu près tout sur l'histoire d'amour et de mignonnerie entre Bruno Mars et le pays de Hello Kitty, je compte sur vous pour frimer en société tout en citant bien votre source – c'est-à-dire moi, ma personne et moi-même.

Si cela vous intéresse, un autre artiste que j'aime d'amour a également un énorme lien avec le Japon. Je parle évidemment d'Abel Tesfaye AKA The Weeknd. N'hésitez pas à me dire si vous souhaitez une analyse dans la même veine, d'autant plus que le prochain album du Starboy sera vraisemblablement sur une thématique très japonaise, à en croire les rumeurs et posts Insta !

Et sinon, on mange quoi et où ?

Peut-être bien les meilleurs mezzés de Paname chez Mersin

Marrant comme parfois on se sent obligé de traverser Paris pour trouver « le meilleur resto de… » alors que souvent, les plus grosses pépites sont près de chez nous. Mais comme on a tendance à considérer son propre quartier comme « acquis », on y pense puis on oublie. Qu'à cela ne tienne : j'ai la chance d'habiter près de chez Mersin, dans le 19e, qui propose de la street-food turque allant bien au-delà du « simple kebab » sans pour autant le renier ou le gentrifier à tout prix. Ici, la règle, c'est la qualité. La viande, que j'ai goûtée brute sans pain, est terriblement goûteuse – petite FOMO de ne pas l'avoir eue dans un vrai döner, mais cela me donne juste une bonne excuse pour y revenir.

Pour un peu plus d'originalité, je vous recommande le tantuni, un sandwich au bœuf bien gourmand et très frais, parfait pour l'été – à noter que le restaurant, très mignon qui plus est, est ouvert de part et d'autre, détail salvateur sous canicule. Côté mezzé, idem, tout est bon, rien n'est en trop, et le pain du boulanger du coin pour « saucer » vous sera servi bien chaud. Les frites, maison là encore, sont épicées juste ce qu'il faut. Je vous avais prévenu : zéro défaut.

Mersin, 123 Avenue Simon Bolivar, 75019 Paris

Une réconciliation avec la cuisine libanaise chez Mazmez

Ça heurte toujours la population et peut-être à raison : je ne suis pas fan de la première heure de la cuisine libanaise. Mais j'aime être surprise et encore plus, prouver mon manque d'idiotie en changeant d'avis. Pour ce faire, cap sur Mazmez, restaurant non loin de République et à la décoration de bon goût. La cuisine est à partager et on nous prévient d'emblée, c'est quelque peu revisité. On débute par un risotto de blé vert, plutôt honnête mais pas transcendant. Je me laisse davantage porter par les boulettes d'agneau, toujours un pari sûr. La feta et l'herbe ont un bon petit goût de « j'y reviens ».

Mais ce qui marche particulièrement, c'est le chou et sa sauce légèrement spicy mais juste ce qu'il faut – il faisait déjà chaud lors du test, votre fidèle journaliste a ses limites. Conseil qui vaut pour bien des restos mais plus que jamais pour celui-ci, venez à plusieurs afin de goûter à un maximum de saveurs.

Mazmez, 70 rue René Boulanger, 75010 Paris

Toujours kawainé toujours cute

Par Mélissa Chevreuil

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