Kessel

Ultime déclaration d’amour à Maddy Perez, ô toi icône sacrifiée

Elle aurait pu être la baddie ultime. Elle ne sera qu'une Marie Madeleine à l'esthétique léchée mais source de toutes nos frustrations.

Disclaimer : ce début de newsletter sera riche en spoilers sur la dernière saison d'Euphoria et pourrait ne pas spécialement résonner pour toute personne qui n'a pas regardé le show HBO. Pour autant, je vous invite à ne pas louper la sélection d'objets cool et de restos de la semaine pour survivre aux changements de températures incessants. Votre front brillant et vos pieds moites ne vous remercieront que plus tard !

Une femme d'affaires à la garde-robe impeccable. Voici comment pourrait être trop facilement résumé le personnage de Maddy Perez, campée par Alexa Demie dans l'ultime tour de piste d'Euphoria. Et j'ose le dire : quel gâchis. Si je l'avais déjà pensé, c'est un article sur remezcla, média centré sur les cultures latines, qui me l'a fait réaliser. Maddy Perez a été sacrifiée. Certes, elle ne fut pas la seule : que dire des personnages de Nate (Jacob Elordi, ici totalement émasculé presque pour notre plus grand plaisir, dans un bain de sang pourtant très inutile) ou Jules (Hunter Schaffer, figurante dont le seul grand moment fut sa dégustation de noodles). Mais Maddy avait un potentiel bien plus fort. À la place, le showrunner Sam Levinson a préféré basculer, comme il le fait un peu trop souvent, ses projections et fantasmes bibliques sur son personnage.

Bitch, you better be joking ?

Les débuts étaient pourtant plutôt prometteurs. Car il est bon de le souligner, si Sam Levinson a bien des défauts d'écriture quant à ses personnages, il n'a jamais réduit celui-ci au stéréotype de latina, même si cela semble être davantage pour draguer HBO, la firme rêvant d’une actrice plutôt blonde et blanche. On rappel également que durant les auditions, il avait alors conseillé à Alexa Demie d’éviter de porter du rouge, jugé “trop connoté à à ses racines mexicaines”… Malgré tout, dans le programme, le personnage est assumé (encore heureux) et peut occasionnellement parler espagnol. Ici et là, on peut voir une Vierge dans son appartement miteux, ou des tenues rappelant les origines. Mais c'est à peu près tout. Maddy est avant tout une femme déterminée, ambitieuse, bosseuse, une source éternelle d'inspiration quant à nos outfits comme nos make up et une machine à punchlines et mèmes depuis la saison 1.

« Bitch, you're my soulmate », « I'm not supposed to be here right now because I'm dressed like a hooker and none of you like me! », « Bitch you better be joking » ou encore « I'm not your manager. I'm your fucking boss, bitch ». Oui, « bitch », c'est un peu la virgule du personnage, mais on lui pardonne. Ce qu'on pardonne moins, en revanche, c'est qu'elle est parfois réduite à ça. La faute à Sam Levinson ou l'actrice ? Sans doute un peu des deux. C'est qu'Alexa Demie ne prend pas autant de risques qu'une Zendaya ou Sydney Sweeney.

Qu'on aime ou pas cette dernière, il faut reconnaître qu'elle se donne : la comédienne n'a pas peur de tordre son visage derrière les grimaces, les sanglots, la bave et la morve ingrate. Son jeu est varié, réaliste. Qui n'a pas connu une « pick me » en quête de gloire, de reconnaissance et de validation masculine similaire au personnage de Cassie ? Alexa Demie semble plus paresseuse. Si ses répliques sont cinglantes et instantanément virales, elles ne sont jamais vraiment « deep ». Peut-être car l'actrice, et ça n'engage que moi, donne souvent l'impression de se regarder.

Boss bitch ou icône sacrifiée ?

Mais encore une fois, il est bon de rappeler qu'elle n'est pas la seule à porter le chapeau. La faute à un Sam Levinson frustrant qui a jugé nécessaire de limiter Maddy au rôle de maquerelle des temps modernes. Pour rappel, Maddy a survécu à un Nate toxique, violent, capable de la menacer avec un pistolet, lui créant au passage un puits infini de traumas qu'aucun psy ne saurait boucher. Elle a aussi perdu sa meilleure amie, couteau dans le dos classique des années lycée, mais néanmoins hautement problématique pour toute ado en construction identitaire.

On penserait alors la retrouver au sommet d'une certaine industrie, ou à minima en pleine ascension sociale ou professionnelle, avec un rôle majeur dans l'intrigue. Que nenni. Elle n'est qu'une manager (pardon, une « boss » donc) en quête de « pépite » à exploiter sur OnlyFans. Elle se rapproche d'Alamo, cowboy proxénète sans doute à la tête d'un massif trafic d'organes, malgré les avertissements de Rue. Et elle est, indirectement, la raison de la mort de cette dernière – même si l'addict n'avait que peu de chance de survivre, ne nous mentons pas.

À la fin c'est encore pire. Sam Levinson veut à tout prix faire de Maddy une icône à sacrifier, à grand renfort de plans certes esthétiquement somptueux mais tutoyant la poussière de la subtilité. Maddy n'est plus un individu, elle n'est qu'un sacrifice. Sacrifiée pour sauver Cassie et, un comble, Nate. Sacrifiée pour Alamo et ses envies libidineuses. Sacrifiée par Alamo pour sauver sa peau. Elle perd tout pouvoir et conscience de soi alors qu'elle aurait pu (et dû !) être tellement plus que cela. Que restera-t-il d'elle, au-delà des fringues, des répliques bien senties et des paillettes sur les yeux ? Peut-être pas grand chose. Mais si on apprécie Maddy Perez, on aime Alexa Demie d'autant plus. Gageons qu'elle trouvera un ou une réal capable d'écrire un personnage à sa hauteur. En attendant, je me mets en deuil.

Bon, parlons peu parlons bien, la chaleur revient…

Pire qu'un ex toxique celle-là. Alors oui, je sais, certains préfèrent de loin la torpeur parisienne plutôt que la grisaille. Good for you. Mais moi, dans mon appartement où il fait toujours cinq à dix degrés de plus qu'à l'extérieur, je ne suis qu'eau et moiteur. Heureusement, j'ai trouvé quelques petites choses pour me sauver :

Un sérum Nivea avec SPF intégré

Les gens sont parfois surpris que je cite Nivea parmi les marques dans ma skincare routine entre des griffes plus niche chinées ici et là en Corée du Sud. Mais il n'empêche : Nivea a toujours proposé de bons basics, solides sur leurs appuis. À l'instar de ce sérum qui comprend une protection SPF 50. Protecteur mais aussi lissant et laissant un parfait rendu, je n'en demandais pas tant – et j'en profite pour rappeler que la protection, c'est tous les jours, qu'il vente, qu'il pleuve ou que le soleil vous éblouisse.

30 ml, 11,99 euros

La brume crème Aestura

Je vous ferai probablement une éloge plus longue plus tard sur la marque chouchou des dermatos coréens et honnêtement, comme je les comprends. Le produit est si facile et agréable à appliquer (rien ne coule, rien ne bouge, promis !), c'est un petit plaisir. Car c'est le piège : on pourrait se dire qu'avec la chaleur, notre peau n'est que gras et brillance. Pas forcément, et avec les changements de températures violents, l'hydratation reste figure de proue de notre glow.

120ml, 22 euros

Le baume La Neige aka la rolls royce pour vos lèvres

Avec l'hiver, j'ai facilement les lèvres gercées. Avec l'été, j'ai facilement les lèvres gercées. Mais où cette sécheresse buccale trouve-t-elle toute cette énergie ? Je vous (re)présente malgré tout ce grand classico qu'est le baume brillant pour les lèvres de chez La Neige. Souvent imité, jamais égalé, j'ai une préférence toute particulière pour celui aux fruits rouges qui en plus de sa couleur devrait aussi pimper vos baisers, pour le plus grand plaisir de votre conquête estivale, au singulier ou au pluriel.

10g, 22 euros

La collaboration Asics x Cecilie Bahnsen en cas de pluie

Alors oui, vous allez vous dire « mais c'est quoi le rapport avec la chaleur ? » Absolument aucun. Mais c'est qu'en France, si on ne vit pas sous un grand cagnard, on est sûr d'affronter le combo froid et pluie. Agacée de sacrifier mes plus beaux souliers durant ces épisodes orageux, j'ai décidé de jeter mon dévolu sur l'une des nombreuses collaborations entre Asics et la danoise Cecilie Bahnsen (actuellement au sommet de la hype pour sa collection avec Uniqlo). Cette paire est évidemment ultra confortable, ultra stylée sans être particulièrement osée (encore que) et permet surtout de garder vos pieds et chaussettes à l'abri de la pluie sans ressortir les bottes qui pèsent dix kilos durant la saison des Birk et ballerines. J'aime particulièrement le zip, régressif, qui prouve que le diable se cache dans les détails de vos chaussures.

Cecilie Bahnsen x ASICS Gel Terrain MT 'Midnight', 250 euros

Et sinon, on mange où et quoi ?

Le meilleur burger aux œufs de votre vie chez Round Egg Buns

Ambiance californienne (malgré la pluie extérieure) et petites réfs au skate ici et là, l'odeur de burger qui émane de Round Egg Buns hante toute la rue. Comme je le dis avec la plus grande franchise du monde, en arrivant dans les lieux, je savais déjà que ça serait bon. Oui, OK, mais pas à ce point : quel régal. Le concept est d'avoir un œuf au plat dans chaque burger. Plutôt classique me direz-vous. Mais ça change tout. Déjà, parce que tout est bon, de la viande au pain, car les ingrédients viennent ici et là de sources hautement qualitatives. Ensuite, l'œuf bien coulant (attention, vous allez possiblement vous en mettre plein les doigts) apporte une explosion de saveurs de manière très inattendue. C'est comme du sel : c'est un game changer. Le smash que j'ai alors goûté fait clairement partie des trois meilleurs de Paris, et ne se place pas en numéro deux (les lecteurs assidus connaissent mon attachement à Spécimen, déjà testé dans ces colonnes). Vais-je enfin remplacer ma passion des tamago sando ? J'y pense. Mais de votre côté, pensez aussi au poulet karaage en supplément, pas en reste, et qui sont assez fondants en bouche pour remplacer les frites, parce que oui, pourquoi pas.

Round Egg Buns, 142 Rue Saint-Denis, 75002 Paris ou 25 Rue Louis Blanc, 75010 Paris

Un plat malaisien chez Yup Thaï

Ouvert depuis 4 ans dans le 11e, Yup Thai a le mérite de proposer des recettes pas si connues et représentées à Paris qui viennent tout droit de Malaisie. La proposition est riche et surprenante, comprenant des plats avec des bananes plantains, et différents niveaux d'épices – mon +1 toussera discrètement tout en gardant la face, mais c'est tout à son honneur. J'opte pour le Ayam Masak, et c'est un régal. Le riz est parfaitement cuit (vous seriez surpris du nombre de restaurants n'étant même pas capables de ce minimum syndical), le poulet est croustillant, et la sauce, pleine de saveur, fait toute la différence. Elle est la star incontestée du plat, et elle le sait. Je tente d'en connaître les ingrédients secrets et là , surprise : elle comprendrait du ketchup aka ma grande némésis. Preuve que tout est réconciliable quand c'est fait avec le cœur. Et pour les moins aventuriers, la carte regorge également de plats thaïlandais certes plus habituels mais tout aussi maîtrisés. J'attends donc vos retours sur les pad thai et le loc lac !

Yup Thai, 13 rue Leon Frot, 75011 Paris

Toujours kawainé toujours cute

Par Mélissa Chevreuil

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