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Bad Bunny, Bruno Mars, The Weeknd : j'ai vu les trois rois de la pop en moins d'un mois

Et de facto, une question se pose : lequel assure le meilleur show ? Une interrogation qui se comprend, mais qui, vous allez le voir, n'est pas la plus pertinente.

L'été est musclé, mais attention, je ne vous parle guère de sport dans l'espoir d'avoir un summer body (c'est déjà l'été, j'ai déjà un body, donc quelque part, on y est quoi qu'il arrive). Non, je vous parle plutôt de l'enchaînement pharaonique de shows spectaculaires à Paris. C'est simple, en moins d'un mois, j'ai pu voir notre short king favori Bruno Mars (le 21 juin au Stade de France), le facétieux Bad Bunny le 4 juillet à la Plenitude Arena, et le starboy The Weeknd, de nouveau au Stade de France le 11 juillet. À eux trois, ce trio pulvérise tout ou presque. Spotify a partagé en mai dernier les artistes les plus écoutés de tous les temps (ou a minima depuis la création de sa plateforme) : The Weeknd arrive en quatrième et Bad Bunny en deuxième position. Toutefois, en ce mois de juillet (et toujours sur Spotify), c'est Bruno Mars qui occupe la première place des auditeurs uniques, avec plus de 131 millions de fidèles.

Je vous laisse deviner de qui il s'agit, vous avez quatre heuresJe vous laisse deviner de qui il s'agit, vous avez quatre heures

Des chiffres qui donnent le vertige et de facto font débat, tant les fans des uns et des autres s'écharpent : qui est le meilleur des trois ? Qui a fait le meilleur show ? Analysons donc cela, artiste par artiste, pour peut-être vous aider à choisir sur quel spectacle miser en priorité pour une prochaine tournée.

Même si, spoiler, je ne vous dirai pas « qui est meilleur que qui ». Car cela n'a pas vraiment de sens de les comparer — pitié, le débat stérile Beyoncé VS Taylor Swift ne nous a-t-il pas déjà assez fanés ? Ces trois artistes ont beau être devenus ultra mainstream, ils ne proposent pas la même expérience musicale en streaming comme sur scène, et ne sont en rivalité que par les statistiques et les dires des fans.

À noter que mon titre simplifie également grandement les registres musicaux des uns et des autres : évidemment que je sais que Bad Bunny propose essentiellement du reggaeton, que The Weeknd flirte souvent avec le RnB, etc.

La célébration de DeBÍ TiRAR MáS FOToS World Tour

Probablement la tournée la plus convoitée de cette année 2026, où le moindre souvenir lié (comme un faux appareil photo donné gratuitement à l'entrée) est revendu à prix d'or sur Vinted. Le monde entier semble s'être déplacé à Paris et Marseille pour voir Benito, car, comme vous l'avez probablement lu ou entendu partout, « ce n'est pas un concert mais une célébration de la culture latino ». Et tout est vrai : rarement j'ai pu assister à un concert autant nappé d'émotion, de fierté. C'est une ode à Puerto Rico évidemment, ainsi qu'à sa culture. Et que l'on y soit lié ou pas, il y a ce goût d'invitation à un repas de famille en début et fin de show.

Le milieu, lui, est tout de même beaucoup plus caliente — les coups de reins de l'artiste, devenus viraux, sont le ick ultime pour les uns, le meilleur moyen de tomber enceint·e pour les autres. Sa fameuse casita, où tout le monde souhaite être vu, est aussi probablement l'un des meilleurs outils marketing vus sur une tournée — même les gens qui n'écoutent pas Bad Bunny en ont entendu parler. Alors oui, certains fans ne vous l'ont peut-être pas signifié, mais le concert n'était pas sans temps mort. Pas mal de pauses, qui coupent quelque peu l'élan, du moins quand on est côté gradins. Mais pas de quoi ronger son frein.

El famoso coup de rein de BenitoEl famoso coup de rein de Benito

Viva Las Vegas avec The Romantic Tour

C'est le vétéran du trio (on a tendance à oublier qu'il a quarante ans, tant il vieillit bien), et peut-être aussi celui dont la scénographie a été la plus critiquée. Pourtant, Bruno Mars a bien assuré un show millimétré du début à la fin. Ce que les gens ont regretté ? Une scène simple, assez reculée, sans aucune autre plateforme profitant de la fosse du Stade de France (« POV : quand t'es plus proche de Mars que de Bruno », pouvait-on lire ici et là sur les réseaux). Il est vrai qu'une scène centrale aurait été plus pertinente, d'autant que le chanteur ne se déplace donc pas beaucoup. C'est indiscutablement le point noir de cet artiste, dont on connaît les habitudes en résidence américaine.

@pelagielim@pelagielim

Et si je suis honnête, des trois concerts, c'est peut-être aussi celui que j'ai le moins apprécié — sans l'avoir détesté, attention. Mais passé cette contrainte, il reste que c'est un show bourré de bops, dansant, mêlant soul, groove, funk et tout un tas d'autres sonorités qui dévoilent tout leur potentiel en live. Voir Bruno Mars, c'est un peu un saut dans le temps, un date dans un club de jazz, où l'on est certes à mille lieues des tableaux et jeux de lumière viraux, mais où tout mélomane sait qu'il va s'en prendre plein les oreilles. Et il faut l'avouer, d'un point de vue vocal, le funky boy est aussi peut-être celui qui maîtrise le mieux son organe.

@IGBrunomars@IGBrunomars

L'apothéose After Hours Til Dawn Tour

Probablement la meilleure combinaison des deux premiers shows cités, et vous l'aurez sans doute compris, mon préféré, en toute subjectivité bien sûr. The Weeknd a le sens du spectacle et multiplie les tableaux qui laissent sans voix, aux références multiples (la fameuse statue signée par l'illustrateur Hajime Sorayama, les danseuses en rouge écarlate, son masque à la Eyes Wide Shut, etc.). Entre jeux de lumière, effets pyrotechniques et feux d'artifice, le show est indiscutablement le plus abouti, celui qui en met plein les mirettes et laisse sans voix, tant tout est prétexte à un géant karaoké. Je ne saurais dire si c’était une pique envers d’autres popstars, mais à The Weeknd de lâcher “il n’y a aucun mauvais siège durant ce concert”. Et c’est vrai : peu importe votre numéro de place en gradin ou votre position dans la fosse, tout le monde a une vue intéressante car unique.

Toutefois, l'artiste est peut-être aussi le plus mécanique du trio. Alors oui, il est généreux avec son public, lâche des petits rires, des phrases en français ou feint des larmes ici et là, mais soyons honnêtes, il s'agit surtout de acting et de private jokes faites et refaites date après date. Vocalement aussi, même s'il est capable de lâcher quelques high notes bien senties, celui que l'on compare souvent à Michael Jackson pour sa tessiture vocale exceptionnelle chante étonnamment grave. Forcément, quand on assure une tournée avec quatre stades remplis rien qu'à Paname, il faut s'économiser, mais cela peut surprendre.

@SebastienNagy@SebastienNagy

Le sacre des babygirls

Et pourtant, ces shows m'ont fait comprendre que les trois cadors ont un sacré point commun : ce sont de vraies chipies, de vraies « babygirls ». Je m'explique : ils ont clairement tout compris au phénomène des fancams et de la culture stan, et surtout sont très en phase avec la séduction (rien de neuf), mais de manière beaucoup moins performative (et ça, c'est nouveau). Aucun ne mise sur la virilité exacerbée ou le mystère. Certes, Bad Bunny chante ses talents pour le cunni (EoO) en bougeant son bassin sans sous-vêtement (ne me faites pas croire que c'est involontaire), mais à côté de ça, il sait être charmeur avec beaucoup d'humour, et de nombreux shootings ou prises de position ont montré à quel point il était à l'aise avec sa féminité, en plus d'être un allié pour la communauté LGBTQIA+.

Bruno Mars a trouvé son équilibre, entre romantisme assumé bien que peut-être un peu kitsch (Marry You) et invitations plus explicites mais toujours recouvertes d'un manteau d'élégance (Versace on the Floor, Leave the Door Open). Surtout, il embrasse à pleine bouche une DA de plus en plus kawaii (je vous en parlais d'ailleurs ici !), s'autoproclamant roi du genre, et signant même une collaboration très convoitée avec Hello Kitty.

The Weeknd, de son côté, joue peut-être le toxic boy rongé par les ténèbres, mais le voir sur scène suffit à lui seul à démystifier le tout (enfin, ça et le visionnage laborieux de The Idol, peut-être). Même quand il tente de prendre la pose en contractant au maximum les biceps, un petit rictus lui échappe toujours avant qu'il ne lâche un vrai et franc sourire. Idem quand il passe le micro à ses fans, farceur, tant il sait que cela peut donner des séquences d'anthologie. C'est certes contrôlé et faussement spontané comme dit plus tôt, mais aussi une façon de rappeler qu'il est Abel Tesfaye avant tout. Autrement dit, un humain, dépassé par la grandeur de sa propre mise en scène qui touche les cieux. Que ces trois artistes fonctionnent autant sans pour autant participer à la course de qui « aura la plus grosse » est une savoureuse bénédiction.

Merci à Live Nation pour les invitations (Bad Bunny, The Weeknd)

Sinon, on mange où et quoi ?

Des tapas cinq étoiles chez Carlito's

Il y a des restaurants plus difficiles à décrire que d'autres. Pas parce qu'ils sont mauvais ou médiocres. Au contraire : tout est bon sur la carte, alors on ne sait pas trop quoi suggérer en premier. C'est le cas de Carlito's, le petit dernier de Terra Group, situé dans le 3e. Le concept est simple mais ô combien efficace : cocktails inventifs et tapas à partager. Oui, mais quels tapas ! Installés au fond du restaurant (on peut également se mettre face au mur ou au comptoir, plutôt convivial), nous avons d'abord goûté les cocktails, parfaitement maîtrisés — et plutôt chargés. Impossible toutefois de trancher quant à ce qu'il faut manger, mais je vous recommande vivement le poulpe snacké au grill, qui a un goût très prononcé.

Les gambas flambées sont folles, la patate douce fondante et le magret de canard juteux. La touche spéciale, ce sont clairement les sauces : elles relèvent chaque plat et, comme un parfum, apportent une note de cœur puis de fond. Vous passerez donc par mille goûts, saveurs et émotions avec une seule et même bouchée. C'est, de toute évidence, l'un de mes coups de cœur de cette année 2026, et je vous ordonne d'aller gentiment vous remplir la panse de tous ces mets, et que ça saute.

Carlito's, 72 rue des Gravilliers, 75003 Paris

Des raviolis slaves chez Pelmeni Korner

Ce que j'aime tant à Paris, c'est que même quand on pense avoir fait le tour de la ville et de ses cuisines, on arrive encore à être surpris. Comme chez Pelmeni Korner, qui propose des recettes slaves, avec des raviolis ukrainiens (« vareniki ») en forme de demi-lune, et russes (« pelmeni »), un peu plus ronds. À ne pas confondre avec le ravioli polonais (« pierogi »), similaire dans la forme mais un peu moins dans le fond. Vous voyez tout ce que vous apprenez dans cette newsletter ? Je me laisse tenter par deux assiettes de raviolis : bœuf/porc, le best-seller, ainsi que champignon, sur les conseils du chef, qui a d'ailleurs fondé le restaurant pour une raison très simple. « Je cherchais à manger des pelmeni en France, mais il n'y en avait pas. Alors j'ai décidé d'en faire moi-même. La création de ce restau, c'est presque égoïste quand on y pense (rires). »

Pas si égoïste, car au regard des clients russes assis à ma droite, je me régale et le remercie d'avoir eu l'idée d'entreprendre. Le bœuf/porc n'est pas un classique pour rien. C'est très efficace, consistant sans être encombrant, et vu la petite taille des raviolis, l'envie de picorer à vitesse grand V est bien tentante. Pour autant, ceux aux champignons n'ont pas à rougir. Ils se veulent très fondants et goûteux. Impossible de choisir l'un et donc de renoncer à l'autre ; tant qu'à faire, je vous conseille de m'imiter… en prenant les deux !

Pelmeni Korner, 107 boulevard Haussmann, 75008 Paris

Toujours kawainé toujours cute

Par Mélissa Chevreuil

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