Il est fort probable que vous vous attendiez à un billet d'humeur concernant la nouvelle (et ultime ?) saison des vlogs d'août de Léna Situations. Soyez patients, car j'estime qu'il est encore un peu tôt pour partager un vrai ressenti, d'autant qu'à ce sujet, mes humeurs ne cessent de varier au gré des épisodes et polémiques made in Twitter/X. Par exemple et pour rappel, j'avais adoré la première salve d'épisodes de la neuvième saison où Léna et ses amis partaient au Maroc, en Grèce et en Italie. Mais je ne trouvais que peu de plaisir, en tant que modeste spectatrice, à regarder les épisodes suivants, à part quelques moments ici et là dans la « vlog house », me rappelant avec nostalgie les premières saisons. Voyez. Malgré mon absence de critique pour aujourd'hui, je vais cependant revenir sur une injonction, plus ou moins liée : celle de profiter, et plus particulièrement de l'été. De la part d'une personne qui a la FOMO pour un rien, c'est peut-être culotté et pourtant. N'ayez pas de sentiment de culpabilité si vous ne faites « rien » de vos journées – j'en vois beaucoup sur TikTok. Ne rien faire, c'est déjà faire quelque chose, et se reposer est un programme en soi. Que cela soit par manque d'énergie, de motivation, d'argent… ou totalement voulu et assumé. Après tout, si l'oisiveté n'est pas permise durant la période estivale, alors quand ?
Pour les autres un peu plus agités, notamment celles et ceux qui habitent la capitale, régalez-vous : j'ai pu tester, de manière spontanée ou via des invitations, une farandole de restaurants, activités et expositions. Je n'en ai retenu que le meilleur, avec toute l'intégrité que vous me connaissez. Après bien sûr, « les goûts et les couleurs » : possible que vous n'aimiez pas tout de ces morceaux choisis. Mais honnêtement, et je manque peut-être d'humilité, j'en serais la première étonnée !
Le meilleur barbecue coréen de Paris, tout simplement, chez Doma
Oui, je sais, des barbecues coréens, avec le zénith du soft power de la Corée du Sud, on en voit partout en 2026. Mais j'ose le dire, ou plutôt l'écrire, Doma est le meilleur, et ce pour tant de raisons. Déjà, le choix pointu des viandes, qualitatives, goûteuses. Vous allez me dire, forcément, elles sont cuites au barbecue. Mais pas que : pas de plaque à partager au milieu de la table (ce qui a ses avantages, la convivialité, mais aussi ses inconvénients, l'odeur qui s'imprègne dans vos cheveux et tenues notamment). Votre viande a sa propre grille et est servie comme un set traditionnel (« hansang ») avec ses condiments, dont le fameux kimchi, mais aussi ses feuilles de salade, son riz, exquis (ce qui n'est pas toujours le cas), et ses nombreuses sauces et sel, le petit détail qui fait toute la différence.
Je trouve qu'il manquait juste un jaune d'œuf pour bien faire ressortir le goût de la viande de bœuf, mais ça n'engage que moi ! Et contrairement à certains restaurants haut de gamme que j'ai pu tester directement à Séoul, ici, même les desserts ne font pas défaut. Davantage revisités, j'ai pu me délecter d'une mousse au sésame très réussie, tout en lorgnant sur le tiramisu à la datte de ma convive. Les deux desserts sont sucrés juste ce qu'il faut et je ne saurais les départager. Encore une fois : faites-vous votre propre avis !
Évidemment, une cuisine aussi recherchée et raffinée a un prix (le menu Doma du soir comprenant entrée/plat/dessert revient à 55 euros), mais pour une occasion particulière ou un date, cela vaut tellement le coup – et le coût. Chose sûre, je reviendrai tester les autres mets de la carte.
Doma (attention, plusieurs restaurants à Paris portent le même nom), 11 Rue Godot de Mauroy, 75009 Paris
Le sandwich qui met à l'amende n'importe quel jambon-beurre à la rôtisserie Segar
Vous me connaissez, j'ai tendance à me méfier des plats « viraux » vus et revus sur tous les feeds. Mais vous me connaissez bis, si j'en parle ici, c'est que j'ai eu une bonne surprise. Mais je ne m'attendais pas à cela. Était-ce le meilleur sandwich César ingurgité depuis ma plus tendre enfance ? Franchement, pas loin. Le bestseller, composé d'une sauce César maison, d'une salade iceberg, de morceaux délicatement parsemés ici et là de poulet et de parmesan, est la définition même de l'harmonie gustative. Mais le nec plus ultra ici, c'est la peau de poulet ajoutée sur le dessus façon chips. Le diable se cache dans les détails, sauf qu'ici ce détail n'en est pas vraiment un, tant c'est un game changer. Je n'ai pas testé le fameux « hack » trouvé par Eva Longoria (eh oui, même elle a essayé ce sandwich) qui consiste à tremper le burger dans le jus de viande. Très américain si je puis me permettre, trop pour moi-même, mais je ne doute pas de l'efficacité du procédé.
J'émets un peu plus de réserve sur la mousse au chocolat prise en dessert, mais en toute honnêteté, elle a pris quelques coups sur le trajet. Peut-être que ceci explique cela ? Qu'importe, de toute manière, vous n'irez sans doute pas à la rôtisserie pour cela. Et petit tips : si vous ne mangez pas tout d'un coup comme moi, vous pouvez toujours repasser le sandwich au four. Promis, cela n'enlèvera rien à ses saveurs, bien au contraire.
Rôtisserie Segar, 111 rue Mouffetard, 75005 Paris
Devenir le nez ultime chez Divine
Si les ateliers pour concevoir son propre parfum ont le vent en poupe, on a parfois tendance à oublier qu'il faut, de prime abord, une certaine agilité avec son nez. Les ateliers Olfactif proposés par la maison Divine sont là pour ça : identifier une fragrance, comprendre les harmonies, mais aussi échanger avec d'autres passionnés de parfum de niche (et pas que) autour d'une table afin de mieux comprendre pourquoi certaines odeurs nous rappellent systématiquement tel ou tel souvenir.
Ici, pas d'erreur ou de fausse réponse, uniquement du partage en comité très réduit pour mieux cerner ses goûts. Et croyez-moi, au gré des tests (vous allez devoir identifier pas mal d'agents et de matières premières), vous allez rapidement devenir de moins en moins indécis quant à vos propres goûts. Il est surtout toujours intéressant de voir qu'avec la même matière première, entêtante pour les uns, encombrante pour les autres, résultent tant de produits différents.
Sabrez le champagne dans les caves de Veuve Clicquot
Toute personne de mon entourage vous le dira : je bois peu d'alcool (et toujours avec modération), mais quand je m'y mets, je ne bois pas n'importe quoi. Et côté champagnes, Veuve Clicquot reste mon péché mignon. Alors forcément, visiter ses caves à Reims était un peu un « achievement ». Mais d'abord, posons-nous au café, où l'on se partage un délicieux burger dont la sauce contient elle-même un peu de champagne, mais aussi des œufs et frites plus classiques. L'avocado toast, un peu trop dur, ne retiendra pas mon attention, même si ma coéquipière du jour, elle, n'en laissera pas une miette. Le cadre est idyllique, propice aux photos des touristes sans faire cheap ou maximaliste. Il se contente de reprendre les couleurs de la maison, à la manière d'un beach club vu dans Gossip Girl.
Et si ce repas me donne un peu chaud, la visite dans les caves en petit groupe arrive et là, c'est le grand froid : ne faites pas comme moi, et prévoyez peut-être une petite chemise ou de quoi vous couvrir. D'une durée d'une heure trente (pile ce qu'il faut), vous en saurez plus sur l'histoire de la marque, mais aussi sur Barbe-Nicole Clicquot, une femme petite par la taille mais si grande par sa vision du business très avant-gardiste. C'est aussi l'occasion d'en savoir davantage sur les méthodes d'extraction dans un cadre qui est franchement de toute beauté, avant de passer à la dégustation. Pour notre groupe d'infortune, ce sera quatre champagnes différents, tous évidemment accompagnés d'explications et de détails sur leur composition. Plutôt intéressant : j'ai pu mieux identifier ceux que je préférais et ceux que j'écarterais plus volontiers lors de mes prochaines sessions shopping – non pas que j'achète régulièrement une bouteille, mais vous voyez ce que je veux dire.
Est-ce que je recommande la visite ? Mille fois, même si vous n'en avez que faire du champagne, tant le cadre est somptueux, mais aussi car la balade souterraine est si plaisante et informative. D'autant plus que pour mon lectorat parisien, rappelons que Reims n'est qu'à 45 minutes en train direct depuis la gare de l'Est. Du pain béni (enfin, du champagne béni ici).
Caves de Champagne Veuve Clicquot, 1 Rue Albert Thomas, 51100 Reims, à partir de 36 euros la visite
Voir des dauphins pour la première fois (comme Léna, oui oui, on y revient)
Pas besoin d'aller jusqu'en Corse, à Bali, au Portugal ou que sais-je pour admirer les animaux les plus facétieux des mers. C'est un secret bien gardé que même les locaux ne connaissent parfois pas, mais au départ de Monaco, avec beaucoup de patience et autant de chance, on peut observer quelques cétacés en action. Pour ma part, je suis partie avec Monaco Riviera Navigation et déjà très bon point, comme le soulève une amie : nous sommes le seul bateau à partir avec ce dessein. Donc pas de flotte par dizaines pour envahir les mers à la recherche de photos Insta-friendly. Comptez entre quatre et cinq heures dans les eaux pour espérer admirer les bêtes, une quête digne de Pokémon Go. De mon côté, après trois heures d'attente avec le petit groupe sur le bateau (vous serez une trentaine, plus ou moins), je suis enfin récompensée et ce sont des légions entières qui arrivent, jouant avec les vagues, glissant sous le bateau, avant de frimer avec leurs sauts coordonnés dignes des Jeux Olympiques. Mon voisin, un homme un peu ronchon, ne cessait de soupirer (il avait apparemment un rendez-vous urgent juste après la balade) et de marmonner dans sa barbe « c'est bon, on a déjà vu des dauphins en train de sauter, on peut rentrer désormais ? ». Sauf que quand une nouvelle bande organisée débarque, il est le premier à se mettre sur les genoux, tête penchée vers l'avant et les yeux ébahis à la recherche d'une nageoire trahissant leur présence. Attendrissant.
Photo prise sur le site car j'ai préféré prendre des photos avec les yeux plutôt que mon iPhone
Comprendre, à l'exposition « Aux origines »
Petite cohue dans le 12e arrondissement bordé de palmiers en ce samedi moite du mois d'août. La raison ? Une exposition, mais pas des moindres, au palais de la Porte Dorée, eh non, ce n'est pas pour l'aquarium, mais bien pour sa dernière exposition aux regards croisés sur le racisme et les discriminations. Ici et à travers les salles, une formidable curation d'œuvres, photos et projets pour pousser plus loin la réflexion face à certains stéréotypes transmis depuis l'époque coloniale. Si vous le pouvez, on vous conseille la visite guidée, qui vous aidera à déchiffrer certaines peintures et photographies durant les premiers instants. La suite est libre, évoquant également des expériences de collégiens, des données sourcées quant au travail ou à la discrimination pour le logement, ainsi que bien d'autres thèmes que je vous laisse découvrir par vous-même. Toutefois, et peut-être serait-ce là mon seul bémol, les œuvres sont très rapprochées les unes des autres, ce qui fait que vous aurez parfois à jouer des coudes avec les autres visiteurs. Ou ne serait-ce finalement là que la rançon de la gloire, la preuve du succès.
Apprendre, à l'exposition Toutankhamon : Son tombeau et ses trésors
Chaque exposition à la gloire de Toutankhamon fait toujours figure d'événement et cette dernière en date ne fait pas exception. Ici, les visiteurs sont invités à entrer, à l'instar de Howard Carter, dans le fameux tombeau scellé, à travers différentes pièces et expériences. La reconstitution est solide et immersive, permettant d'abord de voir la salle comme un œil indiscret avant de pouvoir admirer chaque item et trésor un à un. Une expérience VR (que je n'ai hélas pas pu tester, faute de temps) est également disponible. Peut-être que comme moi, vous espériez une petite enquête sur les présumées malédictions qui se sont abattues suite à la découverte de ce tombeau – le sensationnalisme des journaux de l'époque oblige. Mais ici, il ne s'agit que des faits et rien que des faits. Ce qui ne vous empêchera pas d'y trouver du plaisir, soyez-en sûrs.
