Est-ce honteux d’aimer les États-Unis en big 2026 ?

Ici, il n’est pas question de savoir si l’American Dream est ringard ou non (même si j’ai ma petite idée). Mais plutôt de décence et de conscience. Explications.

« Romantiser les États-Unis sans parler de ce qui s’y passe en ce moment c’est quand même une dinguerie… », « Pas un seul mot sur la situation politique aux États-Unis qui est CATASTROPHIQUE… », « Ce n'est que mon avis mais je trouve quand même dommage qu'il y ait encore tant d'influenceurs qui mettent en avant les États-Unis ». Je ne saurais dire si c’est une toute première mais je n’ai que rarement vu la créatrice de contenus Andie Ella se prendre autant de critiques négatives pour une vidéo YouTube. Qui, pourtant, se défait de tout hot take ou avis controversé et politique pourtant généralement source de « sauces » virtuelles. Et c’est peut-être bien le problème : l’absence de recul, de réflexion sur son contenu et du contexte actuel. Car pour rappel, la fameuse vidéo qui fait tant débat se nomme « Entre Los Angeles et Tokyo... ». L’influenceuse, notamment connue pour son business « Millia Matcha », vit la moitié du temps à Tokyo et fut invitée lors d’un événement Dior à LA, d’où le titre de sa vidéo. Et il y aurait beaucoup de choses à en dire et redire.

Étonnamment, je ne vais pas insister davantage sur le fait qu’elle semble prendre l’avion comme la plèbe va au supermarché acheter un pack de bouteilles d’eau. Déjà, car on peut reprocher beaucoup de choses à la jeune femme, mais cette remarque n’est pas tout à fait vraie. Si son empreinte carbone est sans doute élevée, allers-retours France/Japon obligent, elle a toujours clamé refuser nombre de voyages presse pour réduire ses trajets – et puis, vous connaissez mon amour du voyage, quand il est intelligent et bien fait, donc je ne saurais lui jeter la première pierre. Idem sur toutes les remarques concernant son utilisation de ChatGPT pour tout et rien. Oui, il y a mieux à faire. Mais oui, il y a aussi et même certainement bien plus polluant dans toutes nos utilisations quotidiennes, ce que nous mangeons à quel type de voiture nous conduisons – sans donner un cours de consommation énergétique et technologique dont je serais bien peu légitime en tant que professeure, tout dépend de la requête donnée à l’IA.

Non, ici, ce que je déplore comme le reste des internautes est… Los Angeles elle-même, ou plutôt ce qu’en fait Andie. Qu’elle l’accepte ou non, elle représente une certaine catégorie de femmes privilégiées, blanches, minces, adeptes de pilates, de yoga (et de vêtements onéreux et tendances achetés exprès pour ses séances, coucou Alo) et de matcha donc. Une forme de clean girl qui peut oppresser, non pas pour ce qu’elle est (à chacun son style après tout) mais pour ce qu’elle représente, encore plus quand cette dernière a pour cadre de jeu Los Angeles, étendard fier du capitalisme et du lifestyle tape-à-l’œil. Que les influenceurs qui exhibent un mode de vie plutôt aisé quand les actualités ne parlent que de précarité, d’inflation et de réduction d’aides soient critiqués, ça ne date pas d’hier.

Screenshot @YouTubeScreenshot @YouTube

Ce qui est plus récent, c’est l’éveil des consciences face à la crise politique sans précédent que traversent les États-Unis. Le pays connaît une phase très visible de répression migratoire qui fait chaque jour la une des informations, jusqu’à chez nous. Depuis le retour de Donald Trump en tant que président, on assiste à des campagnes de déportations massives, même certains réfugiés légaux peuvent et sont arrêtés. Les opérations policières ne sont pas faites loin des radars ou en toute discrétion, ça non. Elles sont aussi violentes que visibles, avec des fusillades, des détentions de citoyens américains parfois par « erreur » et des décès. En réplique, plusieurs mouvements, grèves et protestations. La moitié des citoyens penseraient que la politique d’expulsion va beaucoup trop loin. Il ne faut pas être un grand sociologue pour comprendre que les Américains vivent ainsi, pour la plupart, dans la peur, de voir ou subir des arrestations au travail ou d’observer des quartiers paralysés par diverses confrontations dantesques.

Et pendant ce temps où des gens se font menottés, Andie nous partage son quotidien à LA (un peu, mais pas trop, juste quelques palmiers et beaucoup de plans face caméra sans grande pertinence). Ses courses hors de prix chez Erewhon, épicerie préférée des stars où le vulgaire smoothie coûte l’équivalent d’un déjeuner dans une brasserie à Paname. Bref, si la créatrice de contenus n’a jamais marqué par son engagement (et ce n’est pas un reproche ici), elle semble totalement déconnectée. Aucune réflexion en amont, aucun pas de côté ou de cynisme. Elle vit son rêve hollywoodien de manière totalement privilégiée et premier degré. Et cela, en 2026, ce n’est plus possible, de paraître si peu informée.

@erewhon@erewhon

Évidemment, nous avons toutes et tous nos angles morts – mes lectrices et lecteurs les plus proches le savent, je rêve d’aller à Orlando, capitale mondiale des roller coasters, tester tous les parcs d’attractions depuis que j’ai neuf ans. Et je ne dis pas que je ne le ferai jamais. Pas tant à cause de Trump. Enfin, si. Mais comme je le dis toujours : cela me peine de croiser un touriste qui refuse de visiter l’hexagone à cause de la simple présence d’Emmanuel Macron à la présidence – c’est une anecdote réelle. Mais plutôt car je ne suis vraiment pas certaine de profiter à 100 % des parcs Disney ou Universal quand je sais qu’à seulement quelques centaines de kilomètres, voire moins que cela, des innocents se font peut-être arrêtés, voire violentés. Où commence et s’arrête mon égoïsme ? Mon hédonisme ? Mon empathie et ma conscience politique ? C’est précisément, et en toute humilité, ce que je reproche à Andie. Toutes ces questions, je me les pose. En fait-elle de même, ça… je l’ignore totalement.


Mais pourquoi vous dormez sur Fenty Skin comme ça ?

Ok, c’est les 10 ans d’ANTI, probablement le meilleur opus de Rihanna, et accessoirement un des meilleurs albums de l’année 2016. OK, la chanteuse est une icône de mode, brille avec Fenty Beauty et prouve aux plus fermés d’esprit qu’être mère et ATE (ou “briller” pour les plus de cinquante ans) n’a rien d’incompatible. Mais pourquoi je n’entends pas davantage parler de sa gamme pour le corps/visage m’interroge toujours. Peut-être aussi car contrairement à Fenty Beauty, il y a eu quelques faux départs entre la griffe et moi. J’ai le souvenir d’une huile qui m’avait plus desservie qu’autre chose. J’ai donc été refroidie, à tort. Comme il n’y a vraiment que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, voici mon modeste top 3 des produits à avoir, tout particulièrement pour l’hiver long – très long hein ? (Petit bonus, ces produits sont vegan et ça on prend).

Le Butta drop, pour se sentir comme un poulet dans le four

Excusez ma comparaison douteuse mais je ne me suis jamais sentie aussi douce et désirable qu’avec cette crème partout sur le corps. C’est fondant, nourrissant, et au regard de la sécheresse de ma peau en cette saison hivernale, c’est un joli exploit. Condensé de beurres tropicaux, le produit est agréable sans écœurer – il n’a quasi pas d’odeur. Mais il est assez hydratant pour faire tenir n’importe quel parfum avec lequel on l’associe, et c’est sans doute ça la clé du bonheur.

@Fentyskin@Fentyskin

24,00 euros les 75 ml

Un gel-crème + primer pour avoir l’air enfin réveillée

Mes cernes, c’est un combat que je sais ne pas pouvoir gagner. Hélas, ou tant mieux, elles sont de la team « colorée » et pas en relief. Le bon point c’est qu’elles sont donc plus faciles à dissimuler sous le maquillage ou plus « esthétiques » selon les standards. Le mauvais point c’est qu’il n’y a rien à faire pour m’en défaire, que ce soit côté sommeil ou chirurgie. Et c’est OK. Car le gel-crème de Riri fonctionne plutôt bien. Je ne vous mens pas, mes cernes violettes de Droopy sont toujours là et aucun produit n’y fera rien. Mais le produit, en plus d’hydrater un endroit particulièrement sensible, sec et délicat, donne un sacré coup de boost. Ça rafraîchit, ça éclaircit et ça illumine juste ce qu’il faut pour que mes collègues indiscrets arrêtent enfin de me demander à quelle heure je me suis couchée. Je n’en demandais pas tant.

@Fentyskin@Fentyskin

32,00 euros les 15 ml

Nettoyant démaquillant doux pour le visage pour éliminer les impuretés de la RATP

On a tendance à croire que l’hiver va tout assécher, mais quand la peau est grasse, il n’en est rien. Ici, on part sur un produit solide qui élimine l’excès de sébum en plus des impuretés collectées au gré de la journée (et croyez-moi qu’à Paris il y en a beaucoup, trop même). La texture est onctueuse, le fini n’est ni trop gras, ni collant, mais brillant juste ce qu’il faut. Bref, un nettoyant qui nettoie correctement en plus de participer pleinement au glow.

Pas la même aura quand je l'applique mais le coeur y est @FentyskinPas la même aura quand je l'applique mais le coeur y est @Fentyskin

29,90 euros les 145 ml


Et sinon, ça mange quoi, et où ?

Un tamago sando (et pas que) à Kurashi

Si les supérettes avec des produits asiatiques importés sont toujours plus nombreuses (Paris Store et Frères Tang à jamais dans nos cœurs), reste que la plupart sont parfois un peu trop chères ou limitées côté items. Et puis il y a Kurashi Cafe & Mart, et sa large sélection de produits japonais, coréens et chinois. Mes conseils ? Le matcha de chez Umami (très bon rapport qualité/prix), le fameux curry déjà prêt qu’on ne présente plus, les célèbres KitKat parfumés et surtout, un tamago sando (comprenez par là, un sandwich aux œufs) à la japonaise fait maison. Vous connaissez mon amour pour ce snack et surtout mon exigence. Et pourtant ! Ici, on est proche du goût nippon, avec un pain fluffy et une salade d’œufs savoureuse qui ne laissera pas de traces côté haleine. Juste pour ça, ça vaut le coup d’y passer une tête (et de repartir l’estomac rempli)

Kurashi Cafe & Mart, 133 Rue St Denis, 75001 Paris

On redécouvre le porto chez OFIR

Quand je parle de voyages et mes envies à mes amis, on s’attend toujours à ce que je name drop Okinawa, le Chili, le Vietnam ou encore l’Écosse. Tout ceci est vrai. Mais pas que : j’ai des envies de Portugal, et surtout d’îles portugaises. Mais d’ici là, je me contenterai d’assiettes à partager chez OFIR. Honnêtement ? Tout est bon : des patates nappées de paprika au poulet, du canard dans le riz façon risotto (j’espère ne pas faire de blasphème avec cette comparaison) aux petits légumes. Surtout, vous en avez de quoi tester, venir, et revenir dans l’assiette à grands coups de fourchettes, chose parfois rare dans le concept d’assiettes à partager. Obrigada la générosité portugaise ! Même si la mention spéciale est évidemment au porto (que je ne porte normalement pas dans mon cœur), revisité façon gin tonic. Un twist qui garde le goût du vin mais en lui donnant une saveur nouvelle, fraîche et légère. C’est un grand oui.

OFIR, 7 Rue Cavallotti 75018 Paris

Toujours kawainé toujours cute

Par Mélissa Chevreuil

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