6-7 et non pas 69, ou la trend qui prouve que oui, même si vous êtes un Gen Z, vous êtes VIEUX

Autre preuve : vous commencez même à dire "ah, les mèmes, c'était mieux avant".

La rédaction composée d’une centaine de plumes (c’est faux) de cette newsletter vous souhaite à toutes et tous une belle année 2026. On touche du bois pour : de l’amour, de l’eau fraîche, la santé, de la kichta, et des projets aussi épanouissants qu’un carrousel photos du dernier week-end d’instagirl de Dua Lipa.

Louise Fradin et Chloé Gerveais dans leur podcast Hot Girls. Sulivan Gwed dans une vidéo YouTube. Sydney Sweeney et Amanda Seyfried en promo pour l’adaptation cinématographique du bestseller La Femme de ménage. Leur point commun ? Alors oui, ils sont dans mon feed. Mais pas que : toutes et tous s’interrogent sur le mème phare de l’année 2025, 6-7, à prononcer “six sevennnnnnn d’une voix grave, un peu graveleuse, pour ne pas dire… niaise ? Je sais que là, j’ai déjà perdu une grosse partie de mon lectorat, car si vous avez déjà vu passer ce nombre, vous ne savez toujours pas ce qu’il veut dire. Posez-vous, ça va bien se passer, car il est temps de définir ce mème et ce qu’il signifie vraiment.

Eh bien pas grand-chose. Allez. On passe au sujet suivant. Mais plus sérieusement, même avec l’aide d’un sociologue pro des réseaux, il serait difficile de davantage développer. Très limité au territoire nord-américain, l’expression n’est pas liée directement avec la position sexuelle 69… mais pas si loin ! Elle serait d’abord issue d’un morceau du rappeur Skrilla, “Doot Doot (6 7)”, qui évoque l’amour charnel, pour le dire poliment. L’artiste a refusé de lier une signification au chiffre choisi, mais sur les forums, de nombreuses hypothèses évoquent une référence au code radio de la police américaine pour déclarer un décès, qui est 10-67 – théorie initialement partagée par l’expert en linguistique Taylor Jones.

Nouveau fléau

Le son est très largement utilisé pour des edits sur des joueurs de basket, dont LaMelo Ball, qui mesure justement 6 pieds 7 pouces, soit 2,01 mètres. Mais le pic, c’est évidemment cette vidéo ultra virale d’un adolescent, filmé lors d’un match. Le blondinet, nommé Maverick Trevillian puis surnommé “67 kid”, est totalement en transe et son l’euphorie (pas spécialement partagée par le public, mais soit), lâche un “six sevennnnn” avec un geste des bras désormais culte. Eh oui, c’est tout, mais c’est suffisant pour devenir le geste culte de la génération alpha, repris à l’envi, notamment par le chanteur Sombr – même s’il est de la Gen Z.

Beaucoup de gens prennent en grippe ce mème, le qualifiant de “fléau”, et le trouvant d’une part très redondant, mais d’autre part… bête. Cringe. Vide de sens (la fameuse “culture du vide”). Si bien que nombre de créateurs de contenus, notamment français, l’affirment : “les mèmes sont de plus en plus nuls, c’était mieux avant. Outch. La petite phrase signe de vieillesse qui pique. Et surtout, était-ce vraiment mieux avant ? Dans une autre vie, lors d’un précédent travail, j’avais pour quête secondaire de retrouver des personnes qui ont été des mèmes ayant collecté plusieurs dizaines voire centaines de millions de vues. Et si les revoir, partager des nouvelles avec le public, curieux car ayant grandi en même temps qu’eux, ou les questionner sur les retombées positives ou néfastes d’une gloire passagère est toujours intéressant… combien d’entre eux avaient réellement proposé, volontairement ou non, quelque chose symboliquement fort ? Trouvez-vous vraiment qu’un Qu’est-ce qui est jaune et qui attend” ou un “believe, croire en nos rêves” avaient davantage de sens ?

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Toujours kawainé toujours cute

Par Mélissa Chevreuil

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